Clair Obscur de Lily Haime

Clair Obscur

★★★★☆ (3,8/5) — « ‘Clair Obscur’ est un livre au style généralement aussi aérien et éthéré que la danse qui en est un des fils conducteurs, et les émotions puissantes des personnages dépeints par Lily Haime sont très bien rendues, et parfaitement reçues par le lecteur. J’ai pourtant eu un peu de mal à entrer comme il fallait dans cette jolie histoire pour l’apprécier à sa juste valeur. »

Clair Obscur

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : Clair Obscur
Auteur : Lily Haime
Editeur : MxM Bookmark
Genre : littérature gay, romance
Parution : 7 août 2015
Nombre de pages : 293

⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

« Il a le regard vairon, des yeux qui m’ont poursuivi pendant des années. Si je l’aime… »
Gwenn a deux rêves, la danse et Sevan. Après avoir réussi ses auditions à la célèbre Julliard School, il prend sa voiture malgré les conseils de son meilleur ami et roule jusqu’à chez Sevan. Gwenn a l’arrogance de ses dix-sept ans, la prétention des sentiments. Sevan a vingt-quatre ans ; militaire de carrière, il est sur le point de quitter Portland pour se marier. Gwenn repart en cachant ses larmes, démarre trop vite, prend la fuite en faisant déraper les roues de sa Jeep.
Une seconde d’inattention et un chauffard ivre… Un arbre au bas d’une pente…
Sept ans plus tard, Gwenn est un jeune homme qui n’a plus rien à voir avec l’adolescent qu’il a été, ce rêveur aux grandes ambitions. Professeur de danse, propriétaire d’un bar en chantier, fils, frère, ami et tonton, il a appris à composer avec une vie différente de celle qu’il pensait mener. Si ses espoirs ont foutu le camp, s’il reste cabossé et rafistolé, il ne cache pas ses cicatrices.
Quand Sevan revient à Portland, Gwenn a appris à le haïr pour ne plus l’aimer.
« Une seconde chance, un souffle sur ses lèvres, une main au creux de son dos. Des riens qui changent tout… »

⇢ AVIS

8
MARION
Note : ★★★★☆ (3,8/5)

‘Clair Obscur’ est un livre qui traînait dans ma PAL depuis un bon moment, et que j’ai recroisé à l’occasion d’un Top Ten Tuesday. Juste Trois Mots me l’avait chaudement conseillé et j’ai décidé de tenter l’aventure. Je sortais tout juste d’une lecture d’un livre quasi coup de cœur, et j’avais encore l’esprit plein des personnages et de l’ambiance mystérieuse de cette précédente lecture, aussi je pense que c’est ce qui m’a un peu influencée quant à ma perception mitigée de cette histoire-ci.

‘Clair Obscur’ est un livre agréable, sur fond omniprésent de danse, de rythme, de perceptions liées à cet art.
Gwenn est un personnage torturé, poursuivi par son passé dont il revoit sans cesse les échos dans le regard et les attentions de son père et de son frère. J’ai beaucoup apprécié qu’il aille constamment de l’avant malgré toutes les épreuves qu’il a traversées. La vie ne l’a pas épargné, et pour autant, il fait front, ne se laisse pas abattre, rend coup sur coup, et -ce qui est décidément très agréable- il n’a en lui aucun des clichés classiques que l’on prête aux danseurs gays : il est volontaire, décidé, masculin, et pas du tout fragile. Enfin un personnage crédible, vrai, normal et terriblement humain ! De plus, sa passion pour la danse est réellement présente tout au long du récit, et il nous entraîne avec lui lorsqu’il se laisse porter et envahir par la danse, et ce sont des passages très beaux, et tout en émotions. De fait, malgré quelques pensées relativement redondantes de sa part, l’histoire est fluide et joliment écrite.
Sevan, bien que tombant parfois un peu dans le cliché de l’homme macho, jaloux et dominant de l’ancien militaire/actuel policier, est également un personnage que l’on ne peut qu’apprécier lorsqu’il se dévoile à Gwenn, et qu’on apprend à mieux le connaître. Les parts d’ombre qu’il recèle, et ce qu’il a dû traverser pour en arriver là où il en est, expliquent bien ce caractère ombrageux et assez secret. Par chance, chaque chapitre débute par un passage raconté de son point de vue, et je dois dire que ça aide vraiment à bien mieux apprécier l’homme qu’il est, et qu’il ne montre que trop rarement. Lily Haime, au travers de cet ex-soldat poursuivi par les traumatismes de la guerre, donne d’ailleurs un très beau témoignage tout en subtilité de ce que peut être ‘l’après’, du fait que même rentrés chez eux, ces hommes ne sont plus jamais totalement les mêmes que ceux qui en sont partis.
En un mot, ce sont des personnes tout à fait normales, que l’on pourrait croiser dans la rue ou fréquenter dans son cercle d’amis, et cette ‘banalité’ sans artifices, sans en faire trop et sans donner dans les clichés est à mon avis l’un des points forts de ce livre.

Cependant, malgré sa plume aérée et ses personnages très vrais qui m’ont très vite parlé, j’ai eu du mal parfois à me laisser porter par les mots. Peut-être est-ce dû, comme je le disais en introduction, au fait que j’ai particulièrement apprécié ma lecture précédente et que je n’en étais pas totalement sortie quand j’ai entamé ‘Clair Obscur’, mais je n’ai pas réussi à retrouver ici le même engouement et la même envie de continuer ma lecture coûte que coûte. Peut-être est-ce dû aussi au fait de ne pas avoir eu de surprise du tout quant au déroulement des événements : je m’attendais à chaque rebondissement dès le début du chapitre, et au bout d’un moment j’ai été un peu ennuyée de n’avoir rien à découvrir. Peut-être enfin est-ce dû à certains passages, pourtant ordinaires, mais raconté d’une plume plus lourde et appuyée que l’ensemble de l’histoire ?

En conclusion, ‘Clair Obscur’ est un livre au style généralement aussi aérien et éthéré que la danse qui en est un des fils conducteurs, et les émotions puissantes des personnages dépeints par Lily Haime sont très bien rendues, et parfaitement reçues par le lecteur. Pourtant, bien que j’ai réellement apprécié le caractère bien trempé et terriblement humain de Gwenn et Sevan, j’ai eu du mal à entrer comme il fallait dans cette jolie histoire pour l’apprécier à sa juste valeur.

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5 commentaires

  1. Ah dommage! Mais je suis quand même contente que les personnages et l’écriture t’aient plu 🙂 Après, je pense comme toi que le moment où on lit un roman compte pour beaucoup dans l’appréciation du livre. Bises!

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    • Oui, je n’ai sûrement pas très bien choisi mon moment pour le lire, j’avais la tête encore trop pleine de l’univers et des chevaux de ‘Sous le signe du Scorpion’ =/ Mais Gwenn et Sevan sont qd mm très attachants, alors je ne regrette pas d’avoir lu leur histoire ! 😉

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  2. La couverture est très jolie en tout cas, et malgré tout, t’a chronique me donne envie (même qui je ne suis pas une énorme amatrice de romance de manière générale).

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  3. Bonjour

    Petit pinaillage du matin : le mot « fragile » est rarement associé aux danseurs classiques. Leur discipline impitoyable ne leur laisse pas le choix, à moins qu’on ne considère Noureev comme fragile…
    Bonne journée.

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    • Bonjour 🙂 En l’occurrence, le mot fragile n’est pas utilisé ici pour qualifier le danseur en lui-même, mais bien pour souligner que malgré le fait qu’il soit le ‘passif’ de son couple, la personnalité de Gwenn n’est en rien ce qu’on pourrait s’attendre à retrouver chez un ‘uke’ typique des couples M/M (et c’est d’ailleurs ce que j’ai apprécié ici).
      Mais peut-être que ma phrase n’était pas assez clairement tournée ? ^^

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