L’Orage de Régine Deforges

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★★★☆☆ (3/5) — « La clé de cette histoire est bien l’amour passionnel, fou, dévastateur que l’héroïne éprouve pour son mari qui vient de la quitter, foudroyé par la maladie. C’est l’élément qu’il ne faut pas perdre de vue, et qui fait passer cet ouvrage de la catégorie ‘vulgaire’ à la catégorie ‘magnifique’. Du pur Régine Deforges, à la plume toujours très belle et très acérée. »

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« Régine Deforges brille à nouveau d’une incandescence diabolique. » Le Vif — L’Express

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : L’orage
Auteur : Régine Deforges
Editeur : Pocket
Genre : érotique
Parution : 28 mai 1998 (première parution par les Éditions Blanche en 1996)
Nombre de pages : 102

Ce livre n’est plus disponible qu’en occasion ou en format CD lu.

⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

C’est dans l’un des tiroirs du secrétaire de la chambre de Marie, sa jeune tante décédée dix-huit ans plus tôt, qu’il trouva le cahier à couverture de toile noire.

Ce cahier est le journal de Marie où elle a consigné son histoire. Celle d’une jeune femme qui aimait son mari à en perdre la raison et ne put admettre que la maladie et la mort le lui aient ravi. Elle se comporta alors comme s’il était toujours en vie, se parant de ses plus beaux atours pour le séduire, s’offrant à d’autres pour mieux se donner à lui…

⇢ AVIS

8
MARION
Note : ★★★☆☆ (3/5)

La clé de cette histoire est bien l’amour passionnel, fou, dévastateur que l’héroïne éprouve pour son mari qui vient de la quitter, foudroyé par la maladie. C’est l’élément qu’il ne faut pas perdre de vue, et qui fait passer cet ouvrage de la catégorie ‘vulgaire’ à la catégorie ‘magnifique’. Du pur Régine Deforges, à la plume toujours très belle et très acérée.

« Je reviens de ton enterrement. Il fait beau. Il fait beau comme tu aimes, avec un vent léger qui fait chanter les peupliers. Je t’aime. » Tout commence ainsi, tout est déjà posé, le malheur a déjà frappé Marie. Marie est une jeune femme dans la fleur de l’âge, encore belle et jeune, profondément amoureuse de cet époux qu’elle vient de perdre après six mois seulement de mariage. Alors elle décide de refuser la fatalité, de nier l’évidence, et sa douleur se transforme peu à peu en folie douce, puis en folie tout court.

Ce petit livre, presque une nouvelle finalement tant il est court, n’est une œuvre ni littéraire, ni romantique, et surtout il est pour un public averti. Dépassant largement le cadre classique de l’érotisme ordinaire, il dépeint l’amour passionnel qui vire à la folie lorsque l’on nous retire l’objet de notre amour. Raconté sous forme de journal, on y découvre Marie, qui pour faire revivre son mari va accepter par amour pour lui tout ce qu’elle refusait auparavant, notamment prendre son plaisir auprès d’autres hommes dont la nature même pose la question de la perversité sexuelle.
On assiste à cette plongée lente et irréversible, toujours plus bas, toujours plus loin dans la recherche de cet époux qui n’est plus, mais qui est pourtant encore tellement présent. Tout n’est qu’illusions, illusions de vie, illusions d’amour, illusions de mort. Quelle est la frontière entre l’audace et l’indécence ? L’auteur flirte ici très librement avec ces deux notions, avec la mort pour seul arbitre.

Cependant, le point qu’il ne faut pas négliger ici est la notion de quasi pornographie. Les mots sont tout aussi crus que les actions qu’ils décrivent, et je me dois de signaler que même si Marie s’évanouit au moment opportun, il est néanmoins question un moment de zoophilie.

Pourtant, malgré ce bémol, cette histoire nous séduit par son audace, par sa décadence, par son obscénité, et finalement par son originalité. Et puis après tout la mort n’est-elle elle-même pas obscène, puisqu’en nous privant, elle dénude nos émotions et nos sentiments ?
Il est amusant de remarquer que l’héroïne d’un roman si beau et si sombre porte le nom de la Vierge. Était-ce intentionnel ? Sûrement me direz-vous, Mme Deforges n’était pas femme à laisser ce genre de détails au hasard !

Je terminerai cette chronique en citant Rammstein, dont la chanson ‘Heirate mich‘ (Épouse-moi) fait étrangement écho à l’histoire de Marie, jugez-en plutôt l’introduction :

On le voit se glisser vers l’église
Depuis un an il est seul
Le deuil lui a ôté toute raison
Il passe ses nuits à côté de sa tombe

⇢ ACHETER

Livre audio — Fnac (13,60€)
Poche — Amazon (occasion)

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