Ensemble, c’est tout d’Anna Gavalda

Ensemble_ctout_banniere

★★★★☆ (4/5) — « L’histoire n’est pas très originale, mais je me suis laissée prendre par le destin des personnages. La vie ne leur a pas vraiment fait de cadeaux, et j’étais curieuse de savoir comment ils allaient prendre leur revanche. Ainsi, à défaut des évènements, j’ai vraiment vu une évolution pour les personnages et c’est ce qui m’a plu. »

Ensemble_ctout_cover

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : Ensemble, c’est tout
Auteur : Anna Gavalda
Editeur : Le Dilettante & J’ai lu
Genre : histoire de vie, romance, amitié, littérature française
Parution : mars 2004
Nombre de pages : 603

A voir aussi
+ découvrir d’autres livres des Editions Le Dilettante

⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

« Et puis, qu’est-ce que ça veut dire, différents ? C’est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes…
Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences… »

Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l’existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère.

Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l’idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n’auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés… Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l’amour – appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c’est la théorie des dominos, mais à l’envers. Au lieu de se faire tomber, ils s’aident à se relever.

⇢ AVIS

8
NADEGE
Note : ★★★★☆ (4/5)

Anna Gavalda est une auteure que je connais de nom depuis de nombreuses années, mais que je n’ai jamais pris le temps de lire. Une collègue m’a proposé de me prêter un de ses romans ‘Ensemble, c’est tout’ (en même temps que ‘Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates’) et je me suis enfin décidée à le lire.

‘Ensemble, c’est tout’ est une histoire des plus simples, mais également des plus touchantes. J’ai passé un bon moment avec cette lecture, qui m’a fait sourire à plusieurs reprises. Je remercie donc ma collègue pour cette découverte !

L’histoire est riche de destins qui s’entrecroisent au sein d’un seul immeuble : Camille, est une jeune femme, travaillant la nuit comme femme d’ouvrage, et vivant le jour dans une petite chambre de bonne située au tout dernier étage de l’immeuble. Il y fait chaud l’été et froid l’hiver. Un soir, alors qu’elle est tombée gravement malade, elle est recueillie par Philibert, un trentenaire vivant quelques étages en dessous. Devant restée que quelques jours seulement, Camille se lie finalement d’amitié, au fil des jours, avec Philibert ainsi qu’avec Franck, son colocataire, avec qui les rapports ne sont cependant pas toujours des plus cordiaux.
Je n’en dévoile pas plus, il est plus intéressant de découvrir la vie de ces trois personnages au travers du roman.

Comme je le disais, l’histoire n’est pas très originale, mais je me suis laissée prendre par le destin des personnages. La vie ne leur a pas vraiment fait de cadeaux, et j’étais curieuse de savoir comment ils allaient prendre leur revanche. Ainsi, à défaut des évènements, j’ai vraiment vu une évolution pour les personnages et c’est ce qui m’a plu.

Camille, est une jeune femme sans histoires, excepté celles qui la rattachent à sa mère, dépressive et à son poids, frôlant de près l’anorexie. C’est également une artiste qui a un regard unique sur le monde qui l’entoure. Mon imagination s’est emballée à l’évocation de ses dessins et j’ai ce regret de n’avoir que cela pour les ‘voir’. C’est un personnage qui m’a touchée, car à cause de ce qu’elle a vécu, elle se refuse au bonheur et à se laisser aller à ses sentiments.

Philibert est mon véritable coup de cœur de cette histoire. Je suis d’ailleurs très déçue qu’il passe au second, voire au troisième plan vers la fin du roman. C’est un homme de 36 ans, issu de l’aristocratie, il est cependant très loin des us et coutumes de sa famille. Au contraire, il vend des cartes postales et évite le contact avec les gens, car il souffre de TOC et de bégaiement. Ce personnage m’a particulièrement marquée car il souffre cruellement de confiance en lui mais déborde de gentillesse et d’amour. Ainsi il n’hésite pas à venir en aide à Camille alors qu’il ne la connaît que de vue. Avec l’aide de Franck, et puis de Camille il va apprendre à s’affirmer et c’est véritablement le personnage qui évolue le plus au fil de l’histoire.

Franck est un peu le cliché du macho. C’est un cuisinier très talentueux, mais qui passe son temps à critiquer, voire à rabaisser Camille. Il se révèle cependant un vrai cœur d’artichaut quand cela concerne sa grand-mère Paulette. Je l’avoue, il me faisait rêver quand il était en cuisine. Sa dextérité, son calme, sa concentration… Décrit par Anna Gavalda, il était bourré de charme. Il était loin de l’image que j’ai mentionnée au départ pour ce personnage. Il se révèle d’ailleurs au fur et à mesure du roman, pour finalement donner une image beaucoup plus douce, plus charmante.

Paulette est la grand-mère de Franck. Une adorable vieille femme, qui suite à une chute chez elle et une hospitalisation, est contrainte de vivre dans une maison de repos. C’est une situation que j’ai partiellement vécue, et je comprends d’autant plus le désarroi de Franck lorsqu’il doit se résoudre à mettre sa grand-mère dans ce genre de maison. Le plus triste est le fait que Paulette s’adapte très mal à cette nouvelle situation. Elle ne cesse de repenser à sa vie d’avant, à sa maison, à son potager et ses plantes… Je me suis vraiment prise d’affection pour elle. L’aide de Camille sera des plus précieuses et ses derniers mois seront, je pense, les plus heureux pour elle.

Je me suis fort étendue sur les personnages (je pense d’ailleurs que c’est une première). La raison est simple : ils sont peu nombreux, et ils sont aussi le point central de l’histoire et ce qui en fait sa réussite également. C’est eux qui m’ont fait aimée ce roman.

Je ne donne cependant pas la note maximale, car ce livre a deux points négatifs qui m’ont plus ou moins dérangée durant ma lecture.
Le premier point concerne le début de l’histoire. J’ai eu un peu de mal à plonger dedans, le début est assez lent et les choses prennent du temps avant de se mettre en place. C’est la rencontre entre Camille et Philibert (entendez, quand le second héberge la première) qui a vraiment déclenché mon intérêt.

Le second point, concerne le langage ou le style d’écriture. Je pense finalement que le style se rattache à la personnalité des personnages et à leur manière d’être et de se comporter. Je trouve cependant que certaines tournures sont parfois difficilement compréhensibles, et syntaxiquement douteuses. C’est ce qui m’a également freinée au début de ma lecture. Mais finalement, j’en ai fait abstraction et je pense que d’une certaine manière, je m’y suis habituée également.

En conclusion, ‘Ensemble, c’est tout’ est une lecture qui m’a plu. Ce n’est pas un coup de cœur, mais j’ai apprécié de passer du temps avec ces personnages, durant 573 pages (j’ai la version poche !). Je le conseille à tout amateur de lecture douce, sans prise de tête. Le brin de romance pourrait plaire également aux lecteurs romantiques !

⇢ ACHETER

Broché — Amazon, Fnac (22€)
Poche — Amazon, Fnac (8,50€)

4 commentaires

  1. Je n’ai pas du tout accroché, d’ailleurs, en général, je n’accroche pas à Gavalda. Je crois que pour le coup, c’est son style qui me rebute. Et j’ai carrément DETESTE « le cercle littéraire du club des amateurs d’épluchures de patates. » (Rien à voir, mais ce livre a vraiment été une de mes pires déceptions.)

    Reply
    • Le style de celui-ci m’a un peu perturbée également. Je pense en relire d’autres de cette auteure afin de me forger un avis plus complet. Mais je peux comprendre qu’ « Ensemble, c’est tout » ne t’ai pas plu pour cette raison ! 😉

      Reply
  2. J’ai beaucoup aimé le roman, mais aussi le style de l’écrivain, puisque chaque personnage s’exprime à sa manière qui correspond à son éducation, à sa façon de penser etc. (par exemple pour Philibert), ce qui rend les 4 compères très vivants et attachants. Cela dit, j’ai trouvé également le début un peu lent, même si mon avis global reste vraiment très positif.

    Reply
    • Oui, le fait que chaque personnage a sa propre voix m’a beaucoup plu également ! 🙂 Ca rend le récit encore plus enrichissant !
      Je suis d’accord avec toi sur la lenteur du début de l’histoire, et même le reste du récit n’est pas riche en rebondissements… Mais ce roman pleine de douceur est vraiment excellent et ça fait parfois du bien ce genre de lecture ! 🙂

      Reply

Laisser un commentaire