La Fournaise, tome 2 : L’isolement d’Alexander Gordon Smith

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★★★★★ (4,5/5) — « Ce second tome est la dans continuité du premier et l’auteur parvient à intensifier son oeuvre grâce à un héros au passé chargé et au futur effrayant. La psychologie de celui-ci sera mis en avant avec cet opus, sans pour autant négliger l’action omniprésente. »

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« Quand il ne reste plus rien de vous que votre part obscure, comment ne pas devenir un monstre ? »

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : La Fournaise, tome 2 : L’isolement
Auteur : Alexander Gordon Smith
Editeur : Pocket Jeunesse
Genre : littérature étrangère, jeunesse, science-fiction
Parution française : 03 octobre 2013
Nombre de pages : 253

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⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

Alex et ses amis pensaient être enfin libres. Mais ils auraient dû se douter qu’on ne s’échappe pas si facilement de la Fournaise. Au lieu de ça, ils découvrent les horreurs qui se trouvent dans les tunnels situés sous la prison, bien pires que les panteleurs ou le directeur… Et le temps est compté avant qu’ils ne se transforment eux aussi en monstres !
Dans ce gouffre obscur, leurs pires cauchemars vont prendre vie…

⇢ AVIS

8
STEVEN
Note : ★★★★★ (4,5/5)

Ce second tome se révèle aussi riche et percutant que son prédécesseur mais d’une manière différente. Même si l’action reste omniprésente et l’univers d’un étouffement extrême, c’est la psychologie d’Alex qui est avant tout mise en avant dans cet épisode.

En effet nous pensions retrouver notre héros et ses compagnons libres, après avoir réussi à déjouer le piège mortel qu’est la Fournaise, sauf que rien ne se déroule facilement en ce lieu. Ils se retrouveront plus encore enterrés et emmurés qu’ils ne l’ont jamais étés. C’est un univers extrêmement glauque et sombre que redécouvrira le lecteur, pourtant déjà si bien connu car décrit lors du premier tome.
C’est dans les bas-fonds de ce pénitencier et plus précisément au ‘Mitard’, communément appelé ‘trou’ dans le jargon, que se déroule la majorité de ce récit. Ces lieux ont créé en moi un véritable sentiment d’agoraphobie. Jamais une lecture ne m’a paru aussi réelle. Cela provient certainement du fait que je me suis totalement identifié et attaché à notre héros, Alex. Je me suis plus d’une fois encore imaginé à sa place, ce qui m’a procuré quelques sueurs froides et autant de frissons. Plus j’en découvrais sur ce lieu, plus j’étais plongé dans ce cauchemar où seul l’instinct de survie permet de ne pas devenir fou. Paradoxalement je voulais en apprendre davantage sur les motivations d’un tel supplice. Cet aspect est intelligemment mis en avant par l’auteur dans cette aventure. Alex découvrira les limites de son esprit lorsqu’il sera enfermé et isolé entre quatre murs. Plus d’une fois son esprit sera mis à l’épreuve à tel point que j’ai trouvé la limite entre la réalité et son subconscient tellement faible, que je ne savais plus si ce qu’il voyait était réel ou sortait de sa torpeur. Non pas que je devenais fou à mon tour, seulement j’étais comme lui, enfermé dans ce livre que je ne pouvais pas fermer avant d’en connaître l’issue fatale.
Heureusement et malgré leurs solitudes forcées, Alex et Zed parviendront à mettre au point un système de communication plutôt drôle, ce qui m’a d’ailleurs franchement fait rire. Ce système de morse leur permet d’échapper le temps de quelques secondes à l’obscurité cauchemardesque et à leur folie. Nos deux prisonniers feront aussi la connaissance de Simon, une étrange créature mi-démon mi-humaine, qui leur prêtera main-forte plus d’une fois et leur redonnera l’espoir de fuir ce lieu asphyxiant où règne de véritables rats de laboratoires dévorant et torturant tout sur leur passage. C’est avec excitation que j’ai suivi cette folle quête de liberté que mène cette petite mais solide bande et c’est surtout épuisé et frustré que je l’ai achevée.

Comme je l’évoquais, l’action est toujours omniprésente mais est, cette fois-ci, saccadée par des passages où la psychologie de notre héros est mise en avant. Cette notion permet de s’attacher et de comprendre encore mieux Alex et ce qui le motive. Lorsqu’il se retrouve emmuré et seul, le lecteur l’accompagnera dans le bilan de sa vie et sur une véritable remise en question de sa part. Plus d’une fois il doutera de lui, est-il bon ou mauvais, mérite-t-il vraiment encore de vivre ? Toutes ces questions le retrancheront inexorablement dans son for intérieur et c’est avec l’âme torturée et meurtrie qu’il se dévoilera, paradoxalement, encore plus audacieux et loyal que par le passé. C’est plein d’empathie que j’ai suivi ce véritable repli sur soi et, de ce fait j’ai plus d’une fois eu envie de le secouer afin qu’il se ressaisisse. C’est impuissants que nous suivons petit à petit sa transformation. La Fournaise, à travers ces différentes épreuves, tue la moindre part d’humanité de ce personnage.
Du fait qu’il s’agisse avant tout d’isolement dans cet opus, seulement deux personnages gravissent autour de notre condamné et seul Simon se démarque réellement et j’espère en apprendre d’avantage sur lui par la suite car même si nous découvrons ce qu’il a subi, rien ne nous explique clairement comment il est parvenu à rester humain et ce qu’il cache réellement derrière ses intentions. Je ne parviens pas à savoir s’il agit vraiment pour aider Alex, ou simplement par pur égoïsme.
En ce qui concerne Zed et même si j’apprécie fortement ce protagoniste, j’ai la nette impression qu’il sert surtout à l’auteur pour ajouter quelques passages drôles, permettant au lecteur un moment de liberté. L’instant de quelques moments, leur trio sera de nouveau lié et uni lorsque Donovan fera son apparition d’une manière inattendue et émouvante.

J’avais découvert, au travers de son premier roman, une plume accrochante et fluide mais j’étais loin de me douter que celle-ci parviendrait à me toucher autrement. C’est vraiment une chose agréable, que de découvrir encore plus le talent d’un auteur. J’ai dévoré ce roman à une vitesse incroyable, l’envie d’en savoir plus et de savoir ce qu’allaient devenir nos personnages me poussait à n’en plus finir. J’apprécie toujours autant les scènes où l’action déborde mais j’ai encore plus apprécié celles où la psychologie du héros est mise en avant. L’auteur parvient à donner vie à son personnage d’une manière assez innovante et touchante. Sans donner dans le dramatique, il parvient à appuyer sur l’essentiel de ce que peut ressentir n’importe quelle personne face à la solitude et à l’enfermement et crée, de ce fait, un véritable sentiment d’empathie pour le lecteur.
De plus son art excelle autant que précédemment et c’est un univers cauchemardesque dans lequel j’ai été de nouveau immergé sans répit. Je n’apprécie que trop peu lorsqu’un univers est fermé pourtant j’en redemande avec cette série. Cela est dû avant tout à l’auteur qui ne dévoile rien sur la Fournaise ce qui me frustre et me fait totalement me questionner. J’espère d’ailleurs trouver des réponses rapidement car au vu de la finalité de cet épisode, je suis déjà certain que le pire reste à venir et que je n’ai pas fini d’être torturé au même titre qu’Alex.

En conclusion, l’auteur maîtrise parfaitement sa saga avec ce deuxième tome. En s’appuyant avec aisance et fermeté sur les fondements et points positifs de son premier écrit, celui-ci parvient à surprendre le lecteur en ajoutant une touche psychologique donnant une dimension des plus humaine à son récit pourtant si cauchemardesque et morbide.

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4 commentaires

  1. Encore un excellent tome ! Je te remercie encore une fois de m’avoir fait découvrir cette saga. Je n’en avais jamais lu une aussi oppressante que celle-ci et avec des personnages très loin des héros habituels. C’est une vraie torture de suivre les aventures d’Alex !

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