Sous le signe du Scorpion de Maggie Stiefvater

Sous le signe du scorpion

★★★★★ (4,75/5) — COUP DE ♥ — « Ça a été une lecture brusque, courte et belle, menée d’une main de maître par Maggie Stiefvater qui a réussi à construire un univers dont l’atmosphère brumeuse et magique est superbement portée par un style plein de poésie. Un livre dur et violent, doux et tendre aussi, qui nous pousse finalement à aimer à notre tour ces chevaux de mer aussi dangereux et imprévisibles que l’océan dont ils sont issus… »

Stiefvater M — Sous le signe du Scorpion

« Nous sommes le 1er novembre, quelqu’un va donc mourir aujourd’hui »

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre original : The Scorpio Races
Titre français : Sous le signe du Scorpion
Auteur : Maggie Stiefvater
Editeur : Livre de Poche Jeunesse
Genre : jeunesse, fantastique
Parution : 3 janvier 2014 (première parution par Hachette Black Moon le 13 juin 2012)
Nombre de pages : 480

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⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

« Certains concourent pour gagner, d’autres pour survivre. »
Chaque année au mois de novembre se déroulent les courses du Scorpion. Les cavaliers doivent tenir le plus longtemps possible sur leurs dangereuses montures, des chevaux de mer cannibales. Assez longtemps pour avoir une chance d’atteindre la ligne d’arrivée… et survivre.
Sean Kendrick, 19 ans, tente de nouveau sa chance cette année, bien décidé à arriver le premier. Puck Connolly, quant à elle, n’aurait jamais imaginé participer un jour à la course. Mais le sort en a décidé autrement, et elle se retrouve malgré elle propulsée dans la course, à laquelle aucune autre femme n’avait encore participé. L’enjeu est grand pour ces deux adversaires que tout oppose sauf leur désir commun de remporter le plus grand des prix : la vie.

⇢ AVIS

8
MARION
Note : ★★★★★ (4,75/5)
COUP DE ♥

Maggie Stiefvater nous entraîne ici dans l’univers des mythiques capaill uisce (prononcez ‘coppel oochka’), ces chevaux marins amateurs de chair et de sang frais issus des légendes du nord de l’Irlande et de la haute Écosse.

Les capaill uisce sortent de l’océan par gros temps, fiers et cruels, affamés et tremblants, la robe trempée et visqueuse et sentant le goémon ou pire, pour venir se nourrir sur la terre ferme de tout être vivant qui passera à leur portée. Depuis des générations, les hommes de l’île de Tishby ont appris à s’en méfier tout autant qu’à s’en servir : ne sont-ils pas, après tout, les meilleurs chevaux que l’on puisse imaginer, tant qu’on ne leur fait pas confiance, qu’on les nourrit d’assez de sang et qu’on ne les mène pas trop près de l’océan dont ils se languissent continuellement.
Chaque année, le premier jour de novembre, la Course du Scorpion voit s’affronter les plus rapides et les plus vicieux d’entre eux, si tant est que leur cavalier peut les mâter. Disputé sur la grève, là où la proximité de l’eau ranime méchamment la magie de ces chevaux de mer, ce spectacle aussi mortel que fascinant attire tout autant les îliens que les continentaux qui affluent en masse pour parier sur les engagés.
Sean Kendrick a déjà remporté quatre fois cette course sur son bel étalon aux couleurs de feu, Corr. Puck Conolly, elle, ne s’est jamais vraiment intéressée à tout cela, d’autant que si ses frères et elle sont orphelins, c’est la faute des capaill uisce. Cette année pourtant, elle devra y participer, avec tout autant de raisons de gagner que Sean Kendrick, et les échos de leur rencontre improbable bouleverseront jusqu’aux traditions immuables de l’île.

Puck n’est pas du genre à beaucoup parler, mais pourquoi perdre son temps à parler lorsque le vent venu du large emporte les mots au loin dès qu’ils sont prononcés. Sean est également tout en silences, en regards et hochements de tête ; une force calme, secrète et impénétrable, ce genre de personne dont on ne sait trop si la présence rassure ou gêne.
J’ai particulièrement apprécié cette ambiance où le silence et les non-dits en dévoilent plus que les mots, et où la brutalité de la vie est omniprésente, que ce soit dans la difficulté du quotidien, dans la violence des chevaux de mer, dans la rudesse des paysages sauvages ou dans la soudaine intensité des sentiments humains que l’on ne veut pas chercher à démêler. La haine, l’amitié naissante, la trahison ou encore le plaisir simple de déguster une sucrerie trop rarement goûtée, voilà autant d’étincelles colorées dans le décor sombre et gris de Tishby. La Course n’est finalement qu’un prétexte, un fil conducteur pour nous raconter ce moment précis de l’histoire de l’île.

Maggie Stiefvater a une plume particulièrement belle, elle sait nous transporter dans son univers l’air de rien, sans en rajouter des tonnes, et sans même mettre beaucoup d’action. Son écriture est mélodieuse et dure comme ces chevaux qu’elle nous raconte, sombre et poétique comme Tishby, ses falaises et ses eaux sombres, et elle vous marque avant que vous ne vous en rendiez compte. Comme Puck et Sean dont les points de vue se succèdent, on sent les embruns, le sel sur la peau, l’électricité dans l’air à mesure que la Course approche, la violence et l’odeur du sang qui excite les capaill uisce
L’auteure a également laissé beaucoup de flous dans l’histoire, au sujet de l’île, de l’organisation des courses, voire même dans le passé des personnages. Elle nous raconte simplement un pan de leur vie, un moment magique qui forge la légende, et ne nous en donne que les éléments importants : puisqu’on ne va pas jusqu’au bout avec eux, il n’y a pas besoin de tout savoir non plus. Juste le principal.
C’est quelque chose que j’ai apprécié là encore, car ça renforce cette impression de brouillard et de secrets qui baigne Tishby et ses habitants, cette ambiance feutrée et farouche qui nous donne l’impression de n’être que de passage, à l’image de tous ces continentaux qui envahissent la petite île à l’époque de la Course du Scorpion.

Mon seul regret, ce pour quoi je n’ai pas tout à fait mis cinq étoiles à ce livre, est la fin trop brutale, presque inachevée finalement. Comme si l’auteure en avait tout à coup eu assez de nous raconter ces personnages, et avait brusquement refermé la fenêtre sur leur monde et leur vie.
Malgré tout, ça a été une lecture brusque, courte et belle, menée d’une main de maître par Maggie Stiefvater qui a réussi à construire un univers dont l’atmosphère brumeuse et magique est superbement portée par un style plein de poésie. Un livre dur et violent, doux et tendre aussi, qui nous pousse finalement à aimer à notre tour ces capaill uisce aussi dangereux et imprévisibles que l’océan dont ils sont issus…

⇢ ACHETER

Ebook — Amazon, Fnac (7,99€)
Poche — Amazon (7,90€)

2 commentaires

  1. Voici donc mon petit commentaire sur ce livre que j’ai gagné avec grand plaisir au concours ♥

    J’ai été assez happée par l’ambiance de ce livre (d’ailleurs, cela me faisait un peu pensé à l’Irlande pour mon plus grand plaisir). Les descriptions sont presque magiques et, effectivement, l’auteure possède une très belle plume, mélodieuse et très agréable. La majorité du roman est de la description mais ça ne gêne en rien et les dialogues n’en prennent que plus de force.
    Et je suis d’accord aussi sur le fait que la course est clairement une excuse pour nous raconter un petit moment de vie. La course, d’ailleurs, est un petit point faible pour moi. Je trouve ça étrange d’aimer autant des animaux mais de les capturer et de leur faire faire ce qu’ils ne veulent a priori absolument pas faire. Surtout quand ces-dits animaux sont des tueurs et le montrent au quotidien. Cela dit, je suis rapidement tombé amoureuse de Corr et de sa relation avec Sean ♥ Et tout ça m’a donné envie de remonter un peu à cheval malgré tout xp

    C’est un beau petit roman, je regrette la fin bâclée également mais j’ai passé un très bon moment alors je vous remercie à nouveau pour ce cadeau et ce concours sans lequel je n’aurais probablement jamais eu cette lecture ^-^

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