Juste une Ombre de Karine Giebel

Juste_une_ombre_une

★★★★★ (4,5/5) — « ‘Juste une Ombre’ était le seul roman qui me tentait de Karine Giebel. Il m’a finalement donné un très bel aperçu du talent de l’auteure ! Au vu du plaisir que j’ai eu à le lire, je pense sérieusement me pencher sur ses autres livres ! »

Juste_une_ombre_cover

« Avec ‘Juste une ombre’, l’auteure varoise signe l’un de ses romans de genre les plus excitants. » – Jérôme Vermelin (Metro)

« Une histoire épouvantable et fascinante. » – Florence Dalmas (Le Dauphiné Libéré)

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : Juste une Ombre
Auteur : Karine Giebel
Editeur : Pocket
Genre : littérature française, thriller, thriller psychologique
Parution : 7 mai 2013 (première parution par Fleuve Editions le 8 mars 2012)
Nombre de pages : 606
Distinction : Prix Polar Francophone 2012, Prix Marseillais du Polar

A voir aussi
+ en savoir plus sur Karine Giebel
+ découvrir d’autres livres de chez Fleuve Editions & Pocket

⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

D’abord, c’est une silhouette, un soir, dans la rue… Un face-à-face avec la mort.

Ensuite, c’est une présence. Le jour : à tous les carrefours. La nuit : à ton chevet. Impossible à saisir, à expliquer, à prouver.

Bientôt, une obsession. Qui ruine ta carrière, te sépare de tes amis, de ton amant. Te rend folle. Et seule.

Juste une ombre. Qui s’étend sur ta vie et s’en empare à jamais.

Tu lui appartiens, il est déjà trop tard…

⇢ AVIS

8
NADEGE
★★★★★ (4,5/5)

Comme pour ma précédente lecture, j’ai découvert l’auteure Karine Giebel grâce au recueil de nouvelles ‘13 à table ! (2016)‘. Son histoire racontait celle d’une jeune fille musulmane, tombant amoureuse d’un homme, que sa famille et sa religion ne lui permet pas d’aimer. Elle ne peut se faire à cette injustice, mais son père et son frère lui feront comprendre qu’elle aurait dû respecter les règles ! Cette nouvelle faisait partie de mes coups de coeur et j’étais donc impatiente de retrouver Karine Giebel pour cette fois, un vrai roman.

Mon choix s’est porté sur ‘Juste une Ombre’, car à la lecture de la 4ème de couverture, c’est celui qui me tentait le plus parmi les poches disponibles à la librairie. Dans ce roman, l’auteure nous présente la très charmante Cloé Beauchamps. Une femme à qui tout réussit : le travail, l’amour, une meilleure amie en or et une très belle maison. Sa plastique n’est, de plus, pas désagréable à regarder. Mais Cloé n’est pas aussi parfaite que tout le monde le croit. Derrière cette assurance qu’elle ‘crache’ et expose aux visages de toutes les personnes qu’elle côtoie, elle cache un lourd secret qui la poursuit dans ses cauchemars depuis de longues années.
Mais celui-ci ne sera plus la seule tâche dans sa vie, une ombre la guette et la surprend quand elle s’y attend le moins. La suit dans la rue, la surveille quand elle est chez elle, pénètre même dans son antre, lorsqu’elle dort. Lui laisse des ‘présents’. Elle connaît toutes ses habitudes.
Les cauchemars ne la trouveront plus seulement dans son sommeil désormais, mais également lorsqu’elle est éveillée. D’ailleurs, le doux sommeil réparateur la quittera pour laisser place à celui octroyé par les somnifères et l’alcool.

La vie de Cloé deviendra un véritable cauchemar et aucun de ses proches ne pourra l’en sortir. Car même si l’ombre la guette, aucune trace d’elle ne subsiste. Cloé est la seule à la voir. Et personne ne la croit. Réalité ou pure paranoïa ? C’est la question que je me suis moi-même posée durant toute ma lecture. Et mon avis quand à sa ‘culpabilité’ ou son ‘innocence’ a jonglé dans un sens et dans l’autre, au même rythme que l’humeur de Cloé.
Karine Giebel a en tout cas, un énorme talent pour maintenir le doute jusqu’au bout et nous faire douter jusqu’à la fin par la même occasion.
Car même si les indices laissés uniquement aux yeux du lecteur nous permettraient de croire en elle, d’autres nous laisseraient penser tout le contraire et que toute cette folie se trouve bien dans la tête de Cloé, et uniquement là-dedans.

Et dans toute cette folie, je n’ai pas su réellement m’attacher au personnage de Cloé. Sa suffisance envers les autres m’a d’ailleurs insupporté. Une phrase d’Alexandre Gomez présente bien d’ailleurs le personnage que l’on a en face de nous : « On dirait bien que vous considérez les autres comme vos domestiques, que vous vous en servez à votre guise… » (p.405). Mais malgré ça, j’ai apprécié que l’on n’ait pas affaire à une femme faible, qui se serait laissée aller beaucoup plus tôt face à la situation. Au contraire, Cloé est également une femme de caractère, qui ne se laisse pas faire et battra le fer tant qu’il est chaud jusqu’à la fin. C’est une force de caractère que j’admire, je dois l’avouer. Le destin qui l’attend à la fin du roman a été très surprenant mais c’est également une fin parfaite pour ce personnage.

Alexandre Gomez est un personnage qui intervient très vite dans l’histoire, mais l’on se demande pendant longtemps quel rôle il va jouer auprès de Cloé. Gomez est policier. C’est un flic de talent mais avec un caractère bien trempé, voir de m*** pour le dire clairement. Je l’ai cependant adoré dès le début. C’est un homme insaisissable, ne montrant à quiconque ses sentiments. Excepté avec sa femme, Sophie. Il peut se montrer très violent dès que quelque chose le contrarie, et cela peut se révéler très impressionnant. Mais je me suis beaucoup attachée à lui, car à nous lecteurs, il montre ses failles. Et sous cette carapace d’homme dur, c’est juste un homme vouant sa vie à son métier et à sa femme. Une phrase du chef Maillard résume également très bien la personnalité d’Alexandre : « La volonté farouche de rester libre. »
Et lui, qui côtoie la mort tous les jours a dit ceci, qui m’a profondément marqué également : « La mort n’est pas une fille facile. Elle se refuse à ceux qui la veulent, se donne à ceux qui la repoussent. » (p. 246)

Laval, le ‘gamin’ de Gomez (comme il se plaît à l’appeler) m’a beaucoup plu également. On sent qu’il a une admiration sans borne pour son chef, mais également beaucoup de respect. Il est également le premier à lui proposer son aide, lorsque cela sera nécessaire. Lui-même connaîtra un destin auquel je ne m’attendais pas et l’auteure nous offre, à cette occasion, une belle frayeur ! La fin nous laisse une magnifique surprise quant à ce personnage et j’apprécie beaucoup cette fin ouverte que l’auteure nous laisse.

A côté des personnages, j’ai beaucoup apprécié l’alternance des points de vue au sein d’un même chapitre. L’histoire est racontée d’un point de vue externe dans sa globalité, mais les pensées des personnages interviennent de temps en temps à l’intérieur de ce point de vue. Ces petites incartades permettent de connaître les ressentis des personnages face aux situations. Notamment Cloé, où l’on découvre son côté dominateur mais également sa force de caractère. Quant à Alexandre, on découvre un humour noir qui m’a beaucoup plu !

Alerte spoiler pour ce qui suit, surligner le texte pour le lire :

Les lettres de l’Ombre à Cloé ont permis de donner également un certain rythme à l’histoire. J’ai beaucoup aimé ces passages également, car on sonde les pensées de l’Ombre, et on découvre petit à petit ce qu’elle compte faire subir à Cloé ! De plus, ce sont les seuls indices qui nous permettent finalement de croire effectivement en Cloé, avant que l’on découvre la vérité et l’identité de l’Ombre. Cet harcèlement se révèle être une torture psychologique purement machiavélique, mais je dois l’avouer, j’ai adoré ça !

Le seul point négatif que je dois trouver à cette histoire, c’est les quelques longueurs que j’ai pu rencontrer vers le milieu du roman. J’ai eu un peu l’impression que l’on tournait en rond, que rien de nouveau n’était abordé. Mais une fois que la vérité éclate, les choses s’accélèrent très vite, au point que je n’ai pas su arrêter ma lecture avant d’avoir tourné la dernière page. Karine Giebel nous offre un final du tonnerre que j’ai personnellement adoré !

Pour terminer, je souhaiterais dire que la plume de l’auteure est également très agréable et très facile à lire. D’un style très fluide, elle nous plonge directement dans l’atmosphère qu’elle a donné à son roman.

‘Juste une Ombre’ était le seul roman qui me tentait de Karine Giebel. Il m’a finalement donné un très bel aperçu du talent de l’auteure ! Au vu du plaisir que j’ai eu à le lire, je pense sérieusement me pencher sur ses autres livres ! Et si vous adorez les thrillers, et que vous n’avez pas encore lu Karine Giebel, je ne peux que vous conseiller de foncer vous procurer un de ses romans, pour la découvrir !

⇢ ACHETER

Broché — Amazon (20€), Fnac (22,70€)
Poche — Amazon (8€), Fnac (9,40€)

Laisser un commentaire