Kushiel, tome 1 : La Marque de Jacqueline Carey

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★★★★★ (5/5) — COUP DE ♥ — « Le premier tome de cette trilogie est constitué d’une histoire passionnante et riche en émotions, prenant vie dans un univers vraiment intéressant dans lequel s’activent de nombreux personnages tous plus attractifs les uns que les autres. Ce livre est un vrai bijou. »

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« La qualification de chef-d’oeuvre est proche de la vérité : un récit épique, d’une ampleur rare et au style magnifique. » — NooSFere

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : Kushiel, tome 1 : La Marque
Auteur : Jacqueline Carey
Editeurs : Bragelonne et Milady
Genre : littérature étrangère, fantasy, fantastique
Parution originale : 23 juin 2001
Parution française : 22 novembre 2008
Nombre de pages : 781

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⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

Phèdre nô Delaunay porte la marque de Kushiel, qui lui vaut d’éprouver à jamais le plaisir dans la souffrance.
Enfant, elle a été vendue à un noble qui a su reconnaître chez elle ce don cruel, et elle est devenue depuis la plus convoitée des courtisanes… ainsi qu’une espionne exceptionnelle. Lorsqu’elle découvre le complot qui pèse sur sa patrie, Phèdre se lance dans une aventure épique et déchirante, semée de trahisons, et qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

⇢ AVIS

8
ERIKA
Note : ★★★★★ (5/5)
COUP DE ♥

Voyant mon intérêt pour le BDSM dans la littérature, une copine m’a parlé de ce livre qu’elle a beaucoup aimé et dont elle a pensé qu’il pourrait me plaire. En dépit du genre qui n’est pourtant pas celui que je privilégie dans mes choix de lecture, j’ai beaucoup aimé le résumé et j’ai décidé de m’y plonger. Je n’avais jamais lu un livre aussi gros (presque 1 000 pages en format poche) car je suis plutôt amatrice des romans courts dont le nombre de pages est compris entre 300 et 500, mais cela ne m’a pas effrayée, j’étais vraiment motivée à attaquer cette lecture. Et maintenant qu’elle est terminée, j’affirme que je ne regrette rien, bien au contraire.

Le premier tome de la trilogie ‘Kushiel’ raconte l’histoire de Phèdre, qui est l’héroïne et la narratrice de l’histoire. Elle nous présente le monde dans lequel elle vit, les personnes qui l’entourent et ce qu’elle est. On se retrouve propulsé dans une autre époque que l’auteure décrit tellement bien que le lecteur a l’impression qu’il s’agit d’un roman historique et que ce sont des faits et non de la fiction. Après une découverte de Terre d’Ange où vit notre héroïne, on entre dans divers secrets, mystères et conflits liés à la couronne et c’est vraiment intéressant.
Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ‘Game of Thrones’ en lisant ce livre. L’histoire est totalement différente mais l’ambiance a semblé faire écho et puisque j’adore la série (les livres m’attendent sagement dans ma bibliothèque…) je ne peux qu’apprécier de retrouver cet univers médiéval qui a tant de charme et qui semble chaque fois réussir à me conquérir.

Ce roman comporte sa dose de personnages hauts en couleur. Il y en a tellement que je m’y suis perdue au début (j’y reviendrai après). L’avantage d’une large palette de caractères est que le lecteur pourra forcément en apprécier une partie et donc s’attacher à leur histoire. L’inconvénient avec ce genre de livre ? C’est qu’il faut faire attention à qui on s’attache car tout le monde ne survit pas à la fin… (Pas au point de GoT quand même, je vous rassure.)
Notre héroïne, Phèdre, est une anguissette, c’est une personne marquée par Kushiel qui tire donc plaisir dans la souffrance. C’est à travers elle que le sujet du BDSM est abordé, caché dans la religion et par le biais de cette histoire qu’elle a créé de toute pièce, l’auteure a réussi à faire de cette pratique si souvent montrée du doigt un acte assez naturel. A ses côtés, nous retrouvons son tout premier ami, Hyacinthe, qui est mi d’Angelin mi Tsingano. Il met pour moi en lumière ce problème auquel de nombreux français d’origine étrangère sont confrontés. Il n’est ni l’un, ni l’autre. Sur Terre d’Ange il est le prince des voyageurs, mais pour les Tsingani c’est un bâtard. C’est un personnage que j’adore, un de mes préférés avec Joscelin, parce qu’il a une personnalité attractive et une histoire assez compliquée. Joscelin, justement, est un frère cassilin (prêtre guerrier d’élite) qui accompagnera Phèdre dans toutes ses péripéties. C’est probablement son évolution qui est la plus intéressante car il change réellement au fil des pages. Aussi, en dépit de son apparence forte et droite, on voit bien ses faiblesses et ses défauts qui le rendent si humain. C’est le cas de tous les personnages mais je l’ai vraiment constaté avec Joscelin et je pense que c’est pour ça que j’y suis tant attachée.
Aussi, parmi les personnages pour lesquels j’ai beaucoup d’affection, il y a Anafiel et Alcuin. Anafiel est un noble mais c’est également le maître d’Alcuin et Phèdre, qui sont tous les deux ses élèves. Malgré leurs statuts, ils sont comme une famille pour notre héroïne et j’en suis autant éprise qu’elle ne l’est. Les deux sont intelligents, touchants et plein de tendresse, je ne peux que fondre pour ce genre de personnalité. Enfin, je dois mentionner Melisande. Elle fait partie de ceux que vous ne pouvez pas classer dans une catégorie et dont il est difficile d’avoir un avis arrêté. Entre amour et haine il n’y a qu’un pas, cette phrase s’applique à Melisande qui est un personnage fascinant, mystérieux, intense, dangereux et surtout une pièce maîtresse de l’histoire.
Il y a énormément d’autres personnages mais certains interviennent tard dans le récit et je ne pourrais pas dire ce que je veux à leur sujet sans spoiler. Aussi, si vous n’avez pas lu le livre il vous sera presque impossible de comprendre le statut de chacun et les différentes références religieuses et autres, du coup je préfère mentionner uniquement ceux-là que j’ai adorés et qui sont en plus très présents dès le début du roman. Si vous souhaitez cependant en savoir plus, vous trouverez des informations ici sur les personnages, les familles, les statuts, les religions etc… Je ne garantis pas que cela ne dévoile rien d’important sur l’histoire par contre.

Comme je le disais juste avant, je me suis un peu perdue dans cette masse d’informations, mais pas seulement. J’ai eu du mal à bien tout comprendre au début car ce sont de nouveaux lieux, de nouvelles religions, des histoires variées et une quantité impressionnante de personnages. Je pense que les amoureux de ce style de lecture auront l’habitude, mais pour moi qui suis une novice en la matière, j’avoue avoir dû très souvent me référer à la carte et à la liste des personnages. Mais une fois l’histoire bien mise en place et correctement lancée, j’ai fini par m’habituer aux personnages et par situer de quel côté ils étaient et quel était le rôle de chacun. Je ne peux pas considérer ce point comme un défaut du livre parce que je pense que c’est aussi lié à mon manque d’attention quant aux prénoms des personnages. (Il m’est déjà arrivé de terminer un livre, d’avoir adoré, mais de ne pas me souvenir du nom du personnage principal…) Je préfère tout de même le mentionner pour que les éventuels futurs lecteurs ne soient pas surpris : il y a du monde dans ces pages !

Plus haut je mentionnais à deux reprises l’aspect réaliste du récit et j’y reviens car c’est un point très positif selon moi. Au début du livre (pour l’édition de poche) se trouve une carte que vous pouvez voir ci-dessous. Bien que je l’ai consultée régulièrement pour me situer au fil de l’histoire, je n’avais pas fait attention — jusqu’à ce que la personne qui m’a conseillé le livre me le fasse remarquer — que l’auteure a repris la carte de l’Europe pour créer son propre univers. Ainsi, Terre d’Ange est en fait la France et c’est une bien jolie image. Ce n’est pas le seul point inspiré de la réalité. J’ai personnellement reconnu les gens du voyage dans les Tsingani de part leur mode de vie nomade, leur sens de la famille et l’importance qu’ils attachent à la vertu de leurs filles. Il y a aussi le BDSM représenté par Kushiel et ses descendants. Ces nombreux éléments inspirés de lieux ou personnes réelles m’ont permis de réellement me plonger dans cet univers. J’ai eu ce sentiment de lire un récit historique plus qu’une histoire fictive et c’était vraiment agréable.

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J’ai aussi adoré les religions créées par Jacqueline Carey et les mots d’Elua résument bien la manière dont Terre d’Ange a décidé de vivre : « Aime comme tu l’entends ». Terre d’Ange ‘étant’ la France, j’ai aimé cette liberté que l’auteure attribuait à notre pays et je ne pouvais que l’approuver.

Le premier tome de cette trilogie est constitué d’une histoire passionnante et riche en émotions, prenant vie dans un univers vraiment intéressant dans lequel s’activent de nombreux personnages tous plus attractifs les uns que les autres. Ce livre est un vrai bijou. Il y a un réel travail fourni pour la création de ce monde imaginaire pourtant si semblable au nôtre et j’ai aimé les éléments repris et retravaillés autant que ceux qui ont été inventés. Cela faisait longtemps que je n’avais pas trouvé une histoire aussi captivante et je suis très curieuse de savoir ce qui se passera dans le prochain tome. J’espère que l’auteure aura su trouver de quoi me passionner comme avec ce premier volume. Je ne lirai pas la suite immédiatement car d’autres lectures m’attendent mais je me languis tout de même de retrouver ces personnages que j’ai tant aimés.

Je termine par cette simple phrase tirée du livre qui n’aura pas beaucoup de sens pour vous si vous n’avez pas lu ‘La Marque’ mais qui en prendra si vous le lisez un jour : « Nos mains se touchent, mon amour, et c’est un nouveau monde qui voit le jour ». En plus d’être magnifique, elle a une certaine importance dans le livre et d’une certaine façon, je trouve qu’elle apporte une belle conclusion. Et bien sûr, je vous recommande chaudement cette lecture !

⇢ ACHETER

Broché — Fnac, Amazon (30€)
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Ebook — Fnac, Amazon (9,99€)

8 commentaires

  1. Je crois que c’est pour ça que je ne suis pas une adepte de ce genre de bouquin, souvent l’univers est énorme et c’est parfois difficile à appréhender dans son intégralité, mais quand on y réfléchit, c’est trop bien pensé et mis en scène.

    Il est dans ma PAL et je pense l’en sortir rapidement 🙂

    Reply
    • C’est exactement ça ! C’est vraiment bien trouvé mais en même temps quand on n’est pas habitués ça peut être difficile lol Après ça ne m’a pas empêchée d’adorer la lecture et j’espère que ça sera aussi ton cas ^^ (Enfin… Dans l’hypothèse où par « Il est dans ma PAL et je pense l’en sortir rapidement » tu veux dire que tu vas le lire et non le retirer de ta PAL sans le lire ? xD)

      Reply

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