Châtiments de Hans Koppel

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★★★★★ (4,5/5) — « Pour conclure un tel roman, l’auteur nous offre un final grandiose, à la hauteur de l’histoire. Je vous laisse cependant le découvrir par vous-même, mais je peux néanmoins vous dire que nous avons une réponse à la fameuse question que l’on se pose depuis le début : les personnes finiront-elles par assouvir leur vengeance ? »

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« Une oeuvre impeccablement exécutée dans laquelle la tension est insoutenable. » – The Independent

⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre original : Kommer aldrig mer igen
Titre français : Châtiments
Auteur : Hans Koppel
Editeur : Presses de la Cité
Genre : littérature étrangère, polar, thriller, suspense
Parution originale : novembre 2011
Parution française : avril 2013
Nombre de pages : 288

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⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

Œil pour oeil…

Quand Ylva ne rentre pas à la maison un soir après le travail, Mike, son mari ne s’inquiète pas outre mesure. Sans doute est-elle allée boire un verre avec des collègues. Mais au fil des heures, l’angoisse le pousse à prévenir la police, qui voit en lui le suspect numéro un. Ce que tout le monde ignore est qu’Ylva est retenue en otage à quelques mètres de chez elle, par un couple récemment installé dans le quartier. Enfermée dans leur cave, elle est quotidiennement soumise à la torture. Car Ylva doit souffrir. Elle doit payer. Comme tous les autres.

⇢ AVIS

8
NADEGE
★★★★★ (4,5/5)

J’ai trouvé ce roman dans le rayon petit prix d’une librairie dans laquelle j’ai mes habitudes. Le titre a tout d’abord attiré mon regard et j’ai accroché à la couverture dès que je l’ai vue. Le résumé m’a ensuite convaincue de le prendre. Le thème de la vengeance a attisé ma curiosité, et la première phrase de la 4ème de couverture ‘Oeil pour oeil…’ était pour moi plein de promesses. Finalement, la lecture fut à la fois une belle découverte, tout en répondant à mes attentes.

Dès les premières pages, l’auteur donne le ton à l’intrigue en mettant en scène la première étape de la vengeance des deux personnages qui nous sont encore anonymes à ce stade. Nous faisons ensuite la connaissance d’Ylva qui s’apprête à quitter ses collègues pour rentrer chez elle. Sur la route, elle rencontre deux parents d’une ‘amie’ d’école qui sont en voiture et viennent d’emménager en ville, juste en face de chez elle. La femme lui propose de la ramener. En montant dans la voiture, Ylva ne s’imagine pas que son calvaire vient de commencer.

Dès le départ, j’ai accroché à la plume de l’auteur. Celle-ci est simple, et Hans Koppel ne s’embarrasse pas de détails inutiles. Ainsi lors des scènes de torture, j’ai apprécié que l’auteur aille droit au but et ne tourne pas autour du pot. Les scènes sont déjà suffisamment désagréables pour ne pas en plus les faire tenir en longueur.
Dans un autre registre, sa plume était également dépaysante, mentionnant ici et là des noms de villes suédoises : Stockholm, Hittarp, Helsingborg, détroit d’Öresund… ou encore les noms de personnages (Gösta Lunden, pour citer un exemple). C’est un aspect que j’ai beaucoup apprécié durant ma lecture. D’ailleurs les paysages décrits (les plages avec vues sur les côtes danoises…) m’ont fait rêver dans ce cauchemar livresque.

La construction du roman était également intéressante. Elle est basée sur les grandes étapes de la ‘relation’ qui s’établit entre l’agresseur et la victime. Ces étapes avaient également pour but de répondre à la question « Est-ce que c’ (cette relation) est possible ? ». Presque tous les chapitres commençaient par la présentation d’une étape. En voici un exemple :

Déni de soi : Pour supporter l’humiliation et les agressions constantes, la victime apprend à se distancier de son propre corps. Ce n’est pas elle qui est exploitée, c’est quelqu’un d’autre. Son corps devient une enveloppe qui n’a rien à voir avec elle. Cette forme extrême d’auto-mépris peut s’intensifier avec le temps au point que la femme ne retrouve jamais son vrai moi.

Cette présentation était suivie par un exemple concret avec le cas d’Ylva. J’ai eu l’impression que cette mention et présentation donnaient un côté réel à l’histoire, ce qui est, somme toute, assez effrayant. Cela apportait également un côté psychologique et/ou une facette criminologique que j’ai beaucoup apprécié. De plus, l’identité de la personne qui fait cette présentation apporte également un peu plus à l’ensemble.

En ce qui concerne les personnages, je ne me suis pas spécialement attachée à l’un d’eux. Dans un premier temps, j’étais moi-même surprise de ne rien ressentir vis à vis du personnage d’Ylva, face à ce qu’elle subit. Dès le départ, j’ai eu cette impression que son personnage méritait ce qu’il lui arrivait. Je l’ai ressenti également comme une femme froide, avec du caractère mais qui l’utilise pour rabaisser son mari. Elle n’hésite d’ailleurs pas à flirter avec d’autres hommes. C’est une personnalité à laquelle je n’ai vraiment pas su trouver d’attaches. Et le chapitre final n’a fait que renforcer cette première impression, qui aura finalement tenu durant toute ma lecture.
J’ai finalement ressenti plus de compassion pour Mike Zetterberg, son mari et sa petite fille Sanna. Ils paient pour les erreurs qu’Ylva a commis dans sa jeunesse, et pour une petite fille de 7 ans, je trouve cela inadmissible.

Le roman offre également un bel aperçu des clichés d’enquête : ainsi lorsque Mike se décide à avertir la police de la disparition de sa femme, les soupçons se portent tout d’abord sur lui, ensuite sur un éventuel amant. C’est un peu triste de voir que des enquêteurs tombent aussi vite dans de telles conclusions.

Pour conclure un tel roman, l’auteur nous offre un final grandiose, à la hauteur de l’histoire. Je suis vraiment contente que Hans Koppen ait décidé de clôturer son roman de cette façon, car c’est selon moi la fin parfaite ! Je vous laisse cependant la découvrir par vous-même, mais je peux néanmoins vous dire que nous avons une réponse à la fameuse question que l’on se pose depuis le début : les personnes finiront-elles par assouvir leur vengeance ?

Le dernier chapitre a été, quant à lui, une surprise mais je suis également contente que l’auteur l’ait intégré à son livre, car nous découvrons enfin la raison de cette vengeance. Depuis le début, je me suis doutée de la raison d’une telle haine envers Ylva, et nous découvrons le fin mot de l’histoire. Ainsi, quand je mentionnais le fait que je n’avais ressenti aucune compassion pour ce personnage, je peux vous dire que ce final me donne raison !

Hans Koppel nous offre avec ‘Châtiments’, un thriller des plus glaçants. Je me suis plongée avec beaucoup de ‘plaisir’ dans cette histoire et avec une très grande facilité également. Le style de l’auteur est agréable et est parfait pour ce genre de roman. L’intrigue m’a tenu en haleine jusqu’au bout et m’a offert un final comme je les aime. Si vous êtes fans de thriller, ce roman est fait pour vous ! N’hésitez pas à le découvrir par vous-même !

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4 commentaires

    • Merci Emma ! 🙂 Je suis ravie de t’avoir donné encore plus envie de le lire ! 😉 Si tu en fais une critique, n’hésite pas à venir la partager, je serai très curieuse de la lire ! 😉
      Par avance, bonne lecture !

      Reply

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