La septième fonction du langage de Laurent Binet

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★★★★☆ (4/5) — « Nous ne sommes pas en reste, en ce qui concerne les personnages. En effet, à travers l’enquête, on fait également la connaissance d’autres grands noms de la scène des lettres et qui doivent vous être peut-être familiers. Si je vous dis : Umberto Eco, Michel Foucault… ? Ou dans un autre domaine : Giscard ? Mitterrand ? »

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⇢ FICHE TECHNIQUE

Titre : La Septième fonction du langage
Auteur : Laurent Binet
Editeur : Grasset
Genre : littérature française, policier, roman
Parution : août 2015
Nombre de pages : 496
Distinction : Prix Interallié 2015 & Prix du Roman Fnac 2015

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⇢ QUATRIEME DE COUVERTURE

« A Bologne, il couche avec Bianca dans un amphithéâtre du XVIIe et il échappe à un attentat à la bombe. Ici, il manque de se faire poignarder dans une bibliothèque de nuit par un philosophe du langage et il assiste à une scène de levrette plus ou moins mythologique sur une photocopieuse. Il a rencontré Giscard à l’Elysée, a croisé Foucault dans un sauna gay, a participé à une poursuite en voiture à l’issue de laquelle il a échappé à une tentative d’assassinat, a vu un homme en tuer un autre avec un parapluie empoisonné, a découvert une société secrète où on coupe les doigts des perdants, a traversé l’Atlantique pour récupérer un mystérieux document. Il a vécu en quelques mois plus d’événements extraordinaires qu’il aurait pensé en vivre durant toute sa vie. Simon sait reconnaître du romanesque quand il en rencontre. Il repense aux surnuméraires d’Umberto Eco. Il tire sur le joint. »

Le point de départ de ce roman est la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette de blanchisserie le 25 février 1980. L’hypothèse est qu’il s’agit d’un assassinat. Dans les milieux intellectuels et politiques de l’époque, tout le monde est suspect…

⇢ AVIS

8
NADEGE
★★★★☆ (4/5)

Quoi de mieux que terminer le mois de janvier, avec une lecture amusante et intéressante ?
Après trois lectures qui m’avaient laissée une impression moindre (et que vous pouvez retrouver dans ma première critique express), Laurent Binet conclut mon premier mois livresque de 2016 avec une impression plus que positive.

C’est d’autant une surprise, car l’idée que je m’étais faite de l’histoire en choisissant ce roman est totalement différente de l’histoire réelle. Même s’il est vrai que celle-ci a pour point de départ le décès de Roland Barthes – comme il est écrit sur la 4ème de couverture – elle démarre véritablement avec l’enquête qui s’ensuit et cette course-poursuite, qui finit par nous tenir en haleine jusqu’au bout.
Celle-ci n’est cependant pas la seule raison de mon intérêt final pour ce roman. L’auteur accompagne la dimension policière, d’une dimension purement linguistique. Celle-ci m’est familière, car c’est un domaine que j’ai étudié lors de ma première année universitaire. D’ailleurs, pour être honnête avec vous, ce n’était pas, à l’époque, un de mes cours préférés. C’est, en effet, une discipline très nébuleuse et abstraite, voir trop pour moi.
Je tire donc mon chapeau à l’auteur, qui m’a fait comprendre ce qu’une année de cours n’aura pas réussi à faire.

Par contre, je ne saurais dire si la fameuse ‘septième fonction du langage’ qui est l’objet même du roman – et de la mort de Roland Barthes, par la même occasion – existe bien, mais c’est l’élément qui rend cette histoire aussi passionnante. D’une certaine manière, je regrette d’ailleurs qu’on termine sur cette note en ce qui la concerne, car ne vous attendez pas à en connaître tous ses secrets !

Le nœud de l’histoire est également cette enquête menée par l’inspecteur Bayard, avec l’aide de Simon Herzog, un conférencier universitaire qui le guidera dans les méandres de la linguistique. Je ne me suis pas spécialement attachée à ces personnages, mais je peux dire qu’ils m’ont fait passer un excellent moment, aussi amusants et opposés qu’ils puissent l’être tous les deux. J’étais d’ailleurs contente de voir une évolution au sein de leurs relations. Tout comme au niveau de leur personnalité, même si cela se ressent surtout au niveau de Simon.

Nous ne sommes cependant pas en reste, en ce qui concerne les personnages. En effet, à travers leur enquête, on fait également la connaissance d’autres grands noms de la scène des lettres et qui doivent vous être peut-être familiers. Si je vous dis : Umberto Eco, Michel Foucault… ? Ou dans un autre domaine : Giscard ? Mitterrand ? Car oui, la politique se trouve également mêlée à tout ça, mais je ne m’étendrai pas sur cet aspect de l’histoire !

Il était amusant de côtoyer ces grands noms, de découvrir d’une certaine manière leur quotidien, même si celui-ci n’est pas toujours des plus glorieux (oserais-je mentionner leurs goûts prononcés pour les gigolos, l’amphétamine ?).
J’avoue que cette fois, j’aime autant ne pas savoir où se situe la frontière entre le réel et le romancé.

J’imagine cependant très bien ces milieux et clubs dans lesquels ils évoluent, aux côtés d’autres grands personnages. J’ai apprécié découvrir les coulisses de ce genre d’endroits et y évoluer, aux côtés de Bayard et Simon. J’ai eu l’impression de faire partie, le temps de ma lecture, de cette élite secrète.

Cela n’aurait cependant pas été possible, sans la plume de l’auteur ! Car c’est grâce à celle-ci (dans les descriptifs, dans les explications sur la linguistique…) que j’ai réussi à me plonger avec une aussi grande facilité dans l’univers et l’ambiance qui entoure ce monde. Sa plume fut d’ailleurs très agréable à lire, très fluide.

Ce roman n’est pas un coup de cœur, mais n’en était pas loin. Mon seul regret est le sort que l’auteur a réservé à Simon (même si je ne m’y suis pas attachée, je suis d’avis qu’il ne méritait pas de terminer – comme lui-même se nomme – manchot).
La fin m’a également laissée un peu sur ma faim. D’ailleurs, pour donner mon avis jusqu’au bout, il ne s’agit pas d’une vraie fin pour moi.
Ce sont les deux raisons pour lesquelles je n’ai pas donné la note maximum à ce roman. Je vous le conseille cependant vivement ! Il est vrai que si la linguistique est un domaine qui vous intéresse, vous passerez un moment encore plus agréable, mais je pense qu’en tant que lecteur lambda, vous apprécierez également cette lecture !

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2 commentaires

    • C’est un univers très différent ce que je lis d’habitude aussi et du coup, je ne regrette pas d’être sortie des sentiers battus pour une fois ! 🙂 Mais c’est vrai que comme toute lecture, il ne peut pas plaire et / ou attirer tout le monde non plus ! 😉

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